Changement climatique en 2035 : le Monde dans 20 ans selon la CIA

2035 : le Monde dans 20 ans selon la CIA

Changement climatique, technologie,... Tous les 4 ans, la CIA dévoile une étude prospective sur l'état du monde au bout de plusieurs dizaines d’années d’évolution.

Cette fois-ci, elle donne un aperçu de l’environnement dans lequel l’Homme vivra dans 20 ans. Le contexte présenté est le résultat des actions humaines entreprises entre 2020 et 2035. Les conclusions en français de cette étude sont disponibles aux éditions Equateurs Document, depuis le 26 janvier 2017. Elles sont regroupées dans un ouvrage intitulé «Le monde en 2035 vu par la CIA - Le paradoxe du progrès». Dans ses prévisions, l’agence américaine n’offre pas une vision unique du Monde du futur. Elle développe 3 scénarios, chacun décrit par un personnage fictif : l’hypothèse des « Îles », celle des « Orbites » exposée par un conseiller américain en sécurité et celle des « Communautés » détaillée par un candidat à la mairie d’une métropole canadienne. Le rapport compte 310 pages au fil desquelles plusieurs thèmes sont abordés. Dans cet article, il s’agit de s’attarder sur deux domaines : celui de l’environnement et celui des innovations technologiques. Voici donc 10 points à relever sur la situation mondiale en 2035 au niveau environnemental et des hautes technologies. 

1. Les énergies vertes remporteront un franc succès

Les bouleversements climatiques ne présagent rien de bon et ils ont été principalement provoqués par le comportement irresponsable de l’homme à l’égard de la nature. Sur les 20 années qui vont suivre, les recherches en matière écologique seront dynamiques et abondantes. C’est ainsi qu’en 2035 l’humain aura à sa disposition un panel quelque peu large d’énergies vertes aux performances admirables et à la rentabilité correcte. Malheureusement, ces efforts ne seront pas efficaces pour mettre fin à la pénurie d’eau, conséquence inéluctable de l’augmentation des températures. Elle évoluera, se propagera pour toucher progressivement un plus grand nombre de zones géographiques. En cause, l’augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre.

2. Le problème climatique, un cauchemar pour tous les êtres vivants 

Le réchauffement climatique se poursuivra sur les 20 prochaines années, stimulé par une augmentation hallucinante des émissions de gaz à effet de serre. Concrètement, les températures sur toute la surface du globe ne cesseront de s’élever selon un mécanisme environnemental aux engrenages bien graissés. Pourtant, les Etats n’auront de cesse de déployer des stratégies en vue de limiter ces émissions afin de stopper le phénomène du réchauffement… mais en vain. Le mal est fait indique la CIA, la Terre ne veut plus se «rafraîchir» et, d’année en année, on s’acheminera vers un seuil critique. Les conséquences sont redoutables !

3. Des fléaux environnementaux se produiront en cascade 

Les calottes glaciaires ainsi que les glaciers de l’Arctique (plus précisément ceux du Groenland) et de l’Antarctique ne résisteront pas à l’instauration progressive d’un climat chaud : elles vont fondre inévitablement ! Ce phénomène va contribuer, ou plutôt accélérer, l’élévation du niveau des mers et des océans. D’autre part, les bouleversements climatiques seront à l’origine de la multiplication des cataclysmes naturels et des intempéries. Ils se produiront alors avec une force destructrice et une intensité ravageuse : cyclones, tempêtes, typhons... Les inondations seront pratiquement monnaie courante, tout comme les incendies éclateront avec facilité. Ces catastrophes naturelles endommageront lourdement les infrastructures construites par l’homme, provoqueront des coupures fréquentes et prolongées de l’électricité, engendreront l’apparition d’épidémies dont certaines seront meurtrières. Bien d’autres implications terribles sont à imaginer ! Ce sont surtout les régions à forte démographie qui paieront le prix fort ! 

4. L’eau : une ressource qui deviendra rare

En 2035, l’eau fera défaut chez plus de 50% de la population mondiale. Cette pénurie survient, car les réserves hydriques se seront pratiquement vidées. Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer la situation : le réchauffement climatique qui assèchent les plans et cours d’eau, la croissance démographique combinée à la hausse du niveau de vie entraînant une consommation accrue d’eau, le développement agricole massif nécessitant une mobilisation sans cesse plus grande des ressources en eau. Le manque d’eau atteint son comble dans 30 pays. Environ 15 d’entre eux sont localisés au Moyen-Orient. Ces pays connaîtront alors de graves crises économiques, des problèmes sociaux et l’instabilité politique.

5. La géo-ingénierie sera appelée à la rescousse pour mettre fin au désastre environnemental

Cette discipline, encore récente en 2016, sera améliorée sans relâche durant les prochaines 20 années. Elle exploite des technologies révolutionnaires sophistiquées dans le but de rendre réversible les effets des phénomènes climatiques qui détériorent sérieusement la vie sur Terre. Concrètement, elle débarrasserait l’atmosphère du Co2, elle accélèrerait la fréquence des précipitations grâce à une action chimique d’éclaircissement des nuages, elle diminuerait la température moyenne sur la surface du globe. Ce dernier objectif est atteint soit par l’introduction d’aérosols au sein de la stratosphère soit par la mise en orbite dans l’espace d’une série de miroirs. L’évocation de la géo-ingénierie amène à une autre caractéristique du Monde au 23ème siècle : un haut degré d’avancées technologiques.     

6. L’impression 3D se sera démocratisée dans le secteur industriel

L’usage généralisé des imprimantes 3D rendra inutile certaines professions. Elles seront donc appelées à disparaître. Dans la foulée, plusieurs types de métiers deviendront nécessaires. Notamment, tous ceux qui s’apparentent à celui de concepteur seront privilégiés, car la propriété intellectuelle sera fondamentale au sein de cette nouvelle organisation. Seront aussi très prisées les professions dont les caractéristiques sont facilement maîtrisées par tout individu doté d’un profil de technicien. Mais il n’y a pas que les seules ressources humaines qui connaîtront un bouleversement. 

7. L’impression 3D va également remodeler le commerce international 

La mise en œuvre de l’impression 3D engendre des économies de coût substantielles. Autrement dit, des salaires bas ne seront plus tout à fait un avantage pour les pays qui ont mis en avant cet argument pour attirer des investissements. Cette technique high-tech sonne donc le glas de la délocalisation de la production dans des domaines précis et s’accompagne d’une réintroduction, par les entreprises, de leurs chaînes de production au sein de leur pays d’origine. Pour aller encore plus loin dans le raisonnement, les entreprises ouvriront des sites de production dans les localités qui abritent le plus grand nombre de leurs cibles commerciaux.  

8. Les implications de la haute technologie concerneront le domaine militaire

On assistera à la multiplication des cyberattaques. Le secteur de l’armement connaît également des révolutions spectaculaires grâce au téléguidage et à la robotique qui améliorent incroyablement la portée ainsi que la précision des armes. Certaines n’ont même plus besoin d’être manipulées par des soldats. En conséquence, le Monde connaitra moins de conflits armés et lorsque cela se produira, les pertes humaines seront modérées, voire faibles.

9. Les technologies de pointes influent sur les conjonctures économiques

Le scénario des « îles» annoncent un effet néfaste du développement des intelligences artificielles sur la croissance de l’économie à partir de 2028. Notamment, il sera à l’origine d’un taux de chômage élevé. Cette situation économique morose persistera jusqu’en 2036. La reprise, on la doit également, et pour une large part, aux innovations technologiques. Les entrepreneurs travailleront en tandem avec les inventeurs stimulant ainsi la créativité et la productivité, ce qui augmente la rentabilité des entreprises.

10. Pour finir, un bref aperçu des prévisions sur deux plans : géopolitique et économique 

Au niveau économique, le secteur de la technologie de pointe, notamment l’impression 3D, sera à son apogée. Cela aboutit à une nouvelle industrialisation des zones qui ont souffert de la délocalisation de leurs entreprises dans les décennies 2000-2010. La relocalisation des emplois s’ensuit automatiquement. Néanmoins, partout dans le Monde, l’heure sera à la récession sur les deux décennies qui précèdent 2035. On l’a précédemment fait remarquer, dans le scénario des «île», la croissance économique sera de nouveau au rendez-vous à partir de 2036. Une autre mutation de la société est remarquée dans le scénario «communauté» : l’économie nationale est gérée par les autorités locales tandis qu’il incombe aux entreprises d’assurer l’éducation de leurs employés, de garantir leur bonne santé et de leur fournir un toit. 

Sur le plan géopolitique, dans cinq ans, des tensions éclateront entre les pays mais également en leur sein. La quasi-inexistence de la solidarité internationale favorisera les actes terroristes qui se produiront un peu partout sur la planète. Dans le scénario «orbite», par exemple, on apprend que les USA font le choix de l’isolement diplomatique. C’est au cours de la deuxième moitié des années 2020 que les Etats-Unis investissent de nouveau la scène internationale. Au même moment, en 2028, le Monde assiste impuissante au largage d’une bombe nucléaire suite à un bras de fer entre l’Inde et le Pakistan. L’une des priorités des USA est alors d’éviter l’éclatement d’une guerre mondiale : ils réussiront. La paix mondiale est restaurée.

Retour en 2017 : relativisation des prévisions écologiques grâce au high-tech   

La climatologie fournit des éléments permettant de relativiser ce bilan climatique désastreux annoncé à l’issue des 20 prochaines années. Ainsi, la catastrophe peut-être évitée si les pays, dans un effort commun et concerté déployé dés maintenant, réussissent à stopper l’élévation des températures à 1,5°C. Cet objectif est réalisable pour deux raisons. Il y a d’une part les décisions politiques au niveau international comme les engagements pris lors de la COP21. D’autre part, une partie des innovations technologiques sont en train d’être mises au service de la préservation de l’environnement : elles permettront une gestion énergétique optimale. Sur ce point, il convient de citer les batteries de stockage des voitures électriques Tesla ou encore les panneaux solaires photovoltaïques de SolarCity. Ces recherches constituent une opportunité pour le secteur industriel tout comme l’est le développement des énergies renouvelables comme l’éolien.